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The Friends of Ringo Ishikawa

Jeux Video Furyo Ringo Ishikawa Ringo

Fiche Technique

  • Date de sortie : 17 mai 2018
  • Dévelopeur : Yeo (Vadim Gilyazetdinov)
  • Genre : Beat'em up | Simulation narrative
  • Prix : 12,49 €

“Suivez les aventures de Ringo Ishikawa, un chef de gang qui va vivre ses derniers jours de bahut avant de recevoir son diplôme avec ses meilleurs amis. “

Développé fauché

Yeo est un trentenaire russe pratiquant le kickboxing et la boxe, fan de beat’em up (il a tenu un site rien que sur ce sujet ), de Hajime no Hippo et des 2 premiers films CROWS ZERO.

Même s’il dit avoir été influencé par des jeux comme Persona et Shenmue ainsi que les mangas Rokundenashi blues et Kenka banchou pour développer son jeu, celui-ci est avant tout un hommage à une série dont il est fan, la série des Kunio-kun développée par Technos et plus particulièrement du 3ème volet, Downtown Nekketsu Monogatari (1989) connu sous le nom de River City Ransom aux Etats-Unis et Street gangs chez nous, un Beat’em up en monde ouvert incorporant des éléments de jeux de rôle.

Jeux Video Furyo Ringo Ishikawa Nekketsu
River City Ransom

Le lascar n’en est pas à son premier essai. Ex-modérateur d’un site de jeux indépendants russe , il avait déjà développé des jeux depuis 2006 dans le même esprit, notamment Ryuichi no blues en 2010, jeu jamais sorti mais étant la première esquisse de l’histoire de Ringo, il s’ensuivra Our town (2012) qui continue dans cette lancée puisque celui-ci raconte la vie de l’auteur.

En 2016, il quitte son boulot bien payé pour se donner à fond et développer son jeu, celui-ci est issu de la maturation de tous ses précédents projets, de ses expériences et de ses réflexions. Il remet donc le couvert avec Friends of Riki Samejima, un doujin (œuvre d’amateur reprenant souvent un univers dont l’auteur est fan) de Downtown Nekketsu Monogatari où l’on incarne donc l’éternel rival de Kunio-kun mais l’utilisation d’un personnage préexistant ne lui permettant pas de s’exprimer pleinement, il abandonnera le personnage de Riki Samejima pour enfin créer Ringo Ishikawa.

Tape ici et ris

Yeo décrit son jeu comme un jeu à monde ouvert existentiel sur les furyos (“an existential open world game about japanese delinquents”), ce qui en pratique donne d’un côté un beat’em up (délinquant) et de l’autre un pendant de simulation de vie narratif (existentiel).

Fort de son expérience en beat’em up, il construit un système de combat très complet, simple, efficace et agréable dans lequel on retrouve de l’xp et autres gains de niveaux, et des compétences à améliorer comme la puissance de ses droites ou sa vie max. Il est également possible d’acquérir de nombreuses techniques de combat (j’en ai dénombré 17 en tout) venant de la boxe, du judo ou du muay-thaï, on apprendra ainsi à caser des contres, des “double leg”, des projections, des esquives et des combos dignes de Jackie Chan.

Jeux Video Furyo Ringo Ishikawa Bancho 1

Le développeur voulait que le joueur soit libre de faire un peu ce qui lui passe par la tête car c’est un point qui l’avait frustré dans les Kunio-kun par son absence. On pourra ainsi aller à l’école pour y travailler ou y glander en bon furyo, lire des livres, regarder des films ou la télé, se faire une partie de Shmup, de billard, de poker, de ping-pong, manger au restaurant, pillave en mode unching  avec ses potes devant le conbini, s’occuper de son chat, etc…

Les mirettes ont des oreilles

The friends of Ringo Ishikawa est comme tout bon beat’em up, en 2D à scrolling horizontal et se passe dans les années 80. Il affiche une esthétique élégante qui ne déplaira pas aux nostalgiques de la période 8/16 bits, mais le chemin a été rude pour en arriver là. Yeo a commencé à travailler à partir des “sprites” de Technos jusqu’à mi-2016 puis se retrouvant limité par les graphismes (ainsi que par le personnage préexistant de Riki Samejima) a décidé de créer ses propres graphismes et a donc cherché à recruter des artistes pour réaliser les “sprites” et les décors. Si pour les décors il a rapidement trouvé chaussure à son pied en la personne d’Artem « Wedmak 2 » Belov (avec la participation ponctuelle d’Alessanje pour le bar), pour les “sprites” en revanche il s’est vu dans le meilleur des cas claquer la porte au nez. Désespéré après avoir essuyé de nombreux refus, il trouvera le salut dans la famille, son daron de 58 ans en l’occurrence à qui il filera le logiciel Graphique Gale puis il se filmera en train d’effectuer les différents mouvements pour servir de modèle, et avec son père ils créeront les “sprites” et les animeront.

Jeux Video Furyo Ringo Ishikawa BarO
Avant
Jeux Video Furyo Ringo Ishikawa BarN
Après
Jeux Video Furyo Ringo Ishikawa AvAp
De Yeo à Ringo

Pour la musique il va avoir du mal à trouver quelqu’un qui lui convienne, du coup 27 des morceaux de l’OST sont libres de droits et majoritairement composés par Anitek. Les 3 morceaux écris pour le jeu l’ont été par Indian&Fox. Il en résulte une OST jazzy douce-amère qui invite plus souvent à la contemplation qu’à la baston. De plus le fait que les morceaux, bien que n’ayant pas été spécifiquement composés pour le jeu, proviennent essentiellement du même artiste permet de garder un ensemble cohérent, une ambiance unie aux morceaux entêtants.

I’ve got a feeling

Attaquons la partie qui fâche, la partie qui tâche, celle où je vais commencer par dire tout ce qui ne va pas dans le jeu avant de passer (à) la pommade, vous dire en quoi le jeu est génial puis menacer votre mère/cochon d’inde/grille-pain pour que vous l’achetiez.

Pour commencer Yeo a eu beaucoup de galères avec Game Maker 8.0, logiciel qu’il maîtrise mais dont il a dû changer de version en cours de route ce qui a généré pas mal de bug à la sortie et notamment des problèmes de sauvegardes qui plantent (le truc qui fait bien plaisir) ou des personnages qui restent bloqués. Heureusement Yeo étant au taquet sur la correction des bugs les plus gros problèmes ont été depuis réparés et maintenant on doit juste recharger sa journée à de rares occasions. On sent du coup que le jeu de notre ami russe manque de polish (aucun rapport avec septembre 39) notamment lorsqu’il s’agit “d’interagir” avec les corps des mecs tombés au combat (laisse pas ta thune ni ton tel dans ta sacoche avant une baston, tmtc) ce qui peut devenir un casse-tête voire tout simplement impossible.

Jeux Video Furyo Ringo Ishikawa Boxe
Tournoi de boxe pas (encore ?) dans le jeu

“Et c’est pas fini”, la courbe d’apprentissage du jeu est âpre. En commençant le jeu tu apprends vaguement à te battre et c’est tout ! Tu ne sais pas où tu habites, tu ne sais pas à quoi ça sert de manger, tu ne sais pas où trouver tes potes, tu ne connais rien des différentes factions et de ton affinité avec elles, tu n’as pas de carte de la ville, tu ne connais pas tes horaires de cours, tu ne sais pas que tu peux taper des poses furyos ni comment les faire ni à quoi elles servent. Mais tout ça est en partie voulu. Il est vrai que ça renforce l’immersion et le plaisir de la découverte quand on est obligé de se faire une carte mentale des lieux, quand on découvre pour la première fois comment faire une traction, comment faire son “gutta percha” ou comment interagir avec tel PNJ. Yeo a pris un malin plaisir à cacher de nombreux évènements, dialogues et caméos dans le jeu en laissant le soin au joueur de les découvrir.

Jeux Video Furyo Ringo Ishikawa Toit
Le squat de toit de bahut, un classique du manga furyo

“Mais le plus important reste cette histoire que je veux vous raconter. J’ai construit tout le jeu autour d’elle. Il ne s’agit pas de gangs rivaux se battant pour conquérir un territoire. Il s’agit d’un jeu que vous vivez et que vous ressentez. Ni plus, ni moins.“

Du côté clair de la critique, l’écriture est une des qualités principales du jeu. Yeo a porté une attention toute particulière aux textes car avant de programmer un beat’em up c’est avant tout une histoire qu’il a (fort bien) écrite, avec des dialogues souvent drôles, grinçants et qui font réfléchir. On se surprend à sourire devant les réactions de certains personnages ou à être frappé par le nombre de sous-entendus et d’implications que peuvent avoir deux simples lignes de texte, le bagou est palpable mais la qualité des textes n’en fait pas pour autant un jeu verbeux. Le parcours de Yeo n’est pas étranger à cela, ancien délinquant et accro aux jeux, on sent à travers de nombreux détails dans ses textes qu’il a vécu ce dont il parle et qu’il a mûri à travers ses expériences apportant cette saveur et profondeur au texte. D’ailleurs la traduction française réalisée avec amour lui rend hommage plutôt fidèlement, le seul problème consistant en des phrases pouvant manquer d’à-propos, problème classique quand on doit traduire de courtes phrases sans contexte (chose qui j’espère seront de l’histoire ancienne à la lecture de ces lignes).

Autre point fort, c’est un jeu qui possède une superbe ambiance des plus immersives. Quoi de mieux que de s’accouder clope au bec à la rambarde d’un pont en regardant l’eau couler pendant que le soleil couchant allonge les ombres sur un petit air de blues ? La nuit tombe, les lampadaires s’allument et 3 mecs en gakurans rouges débarquent. On se redresse et balance nonchalamment sa clope d’une pichenette aussitôt suivie d’un bon sucker punch de derrière les fagots. C’est ça The friends of Ringo Ishikawa, de la contemplation entrecoupée de baston “et vice et versa”.

Bref, un jeu génial qui mérite amplement ses malheureux 12,50 € et qui, j’en suis sûr, ne requiert pas que je menace votre mère/cochon d’inde/grille-pain pour que vous l’achetiez.

Protège-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge

Une petite digression relative au titre du jeu en guise de clôture car beaucoup de gens fragiles ont été perturbés par la fin du jeu, du coup n’oubliez pas que le jeu ne s’appelle pas “Les aventures de Ringo Ishikawa” mais “Les amis de Ringo Ishikawa”, on va donc les passer (du moins les principaux) en revue par ordre d’intérêt :

Shiro : Le suiveur sans personnalité qui reste dans l’ombre de Ringo depuis l’époque du karaté, aime les mêmes films (les mêmes filles ?) .

Masaru : Le raté terre à terre sans perspectives qui finira mal (j’ai visiblement raté ma vocation de conseiller d’orientation) car il part de très bas et se faire de l’argent est tout pour lui.

Goro : L’âme torturée qui se débat pour trouver le salut. Un manque de culture mais un cœur pur.
Ken : Cynique coureur de jupons invétéré mais surtout incarnation du message du jeu, le meilleur ami de Ringo mais pourtant toujours sur le côté, non pas pour regarder mais pour au contraire montrer, montrer qu’on ne peut rester cet adolescent insouciant et que pour avancer il va falloir mûrir au risque sinon de finir seul.

Bande Annonce du jeu vidéo

Habile générateur labile d’écrits vains et prosaïques,
paraît que c'est un bot.
Ajkareze
Ajkareze
Rédacteur • ⭐️⭐️⭐️ •
Via
Ajkareze
Source
Site officielSteamTwitter - YeoGamin-ruYoutubeShenmue dojoIGN-jpGamespark-jpForum Technos world-ruTwitter - Trad fr
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14 commentaires

    1. Je l’ai fini, 11h30 de jeu.
      J’ai tellement tissé des affinité avec Masaru, Goro et Shiro, c’était mes gars….
      J’ai ragé avec eux… on a parler meuf…. avenir….
      On a matter des films ensemble, latter des mec, c’était ouf….

      J’aime bien aussi se gars là,, Noboru, toujours a parler de truc qui le passionne.

      Une putain d’aventure….
      Prenez le temps d’y joué, et prenez le temps dans le jeu pour lire, parler, travailler et kiffer !

    2. Goro c’était trop mon gars sûr .. Tu sais pas où on peut le péter après qu’il ait vu tu sais quel événement ?

    3. Pareil….. toujours à crécher sur le toit, pas très bavard, mais toujours là pour moi, que se soit pour un ping pong ou aller trainer dehors…
      Nul part, il vient plus au bahut je crois.. enfin je l’ai pas revu après…. : /…

  1. Oh mec jeu a l’air magnifique rien que la bande annonce me fait frisonner, j’vais le prendre de suite, un grand merci pour cette découverte.

    1. J’viens de le finir, la fin m’a laissé sur le cul … J’vais le refaire en opti pour voir si j’ai pas raté quelques trucs.
      La morale est différente de celle des mangas furyo qu’on a tous kiffé, mais j’la trouve plus vraisemblable :/

    2. Une fin plus vraisemblable car réelle vu qu’il s’agit de la vie de Yeo, d’ailleurs il dit que le côté Furyo c’est parce qu’il kiffe l’univers mais qu’en fait cette histoire peut se transposer n’importe où.

      J’ai moi aussi fait un second run opti, il faut choper dès le début les skills pour lire plus vite et apprendre 2 fois plus vite.
      Par contre à la fin, le jeu m’a paru plus vide, peut être parce que je connaissais déjà ce qui allait arriver ou que j’ai très vite été au top et après je me suis retrouvé un peu désoeuvré.

      Les succès Steam sont un bon moyen de savoir si tu passes à côté de quelque chose, sinon juste quelques piste (liste non-exhaustive) :
      – t’as eu le chat ?
      – t’as les 17 techniques dont je parle ? (dont le JC combo)
      – t’as récupéré le sac jaune ? (encore une histoire qui pousse à la réflexion)
      – t’as trouvé l’utilité de la chaine en or ? (c’est un piège, moi non)
      – t’as filé des cours de math à Aiko ?

    3. J’ai pas donné de cours de math à Aiko ni trouvé le sac jaune, je cherche à me faire la vendeuse grâce à mon mistigri vu qu’elle a l’air de kiffer les animaux, pour les techniques j’ai laché l’affaire vu que sauf pour la boxe je ne trouve aucune d’entre elles efficace. Est-ce possible de faire du karate car en comptant les 3 sensei je ne compte pas 17 techniques..

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